Avant et après la vague de chaleur, comment utiliser 360viti ?

360viti, Flux de Sève

Etat hydrique de la vigne et canicule

 

La France a connu un coup de chaud intense et exceptionnellement précoce entre le 24 et le 29 juin derniers. Le pic de canicule a été atteint les 26 et 27 juin sur l’ouest de la France, et a touché l’est de la France pendant la journée du 28 juin. Pendant les épisodes de forte chaleur une concurrence pour l’eau se joue entre le sol et l’atmosphère. L’eau de la plante peut donc être retenue par le sol ou vaporisée dans l’air plus ou moins fortement, entraînant notamment des risques de nécroses et de cavitation.

Ci après figurent des recommandations et des clés de compréhension pour surveiller de près l’état de votre vignoble et prendre des mesures « éclairées ».

Voici les données climatiques (anonymisées) qui ont été relevées dans 360viti pendant la vague de chaleur de juin :

Le VPD correspond au déficit en vapeur d’eau de l’air, il représente “l’effet four” de l’atmosphère. Les effets combinés de la température élevée et de l‘humidité relative basse se retrouvent intégrés dans le VPD. On peut donc constater que le seuil critique a été largement dépassé pour l’ensemble des régions considérées.
Relevés des indices clé au vignoble lors de la canicule de juin 2019

Le VPD correspond au déficit en vapeur d’eau de l’air, il représente “l’effet four” de l’atmosphère. Les effets combinés de la température élevée et de l‘humidité relative basse se retrouvent intégrés dans le VPD. On peut donc constater que le seuil critique a été largement dépassé pour l’ensemble des régions considérées.

Quelles sont les réponses physiologiques de la vigne à cet épisode de forte chaleur précoce?

Le risque de brûlures et nécroses des tissus de la vigne

Des travaux récents* montrent que les cellules, notamment celles de la baie, sont plus sensibles aux hautes températures AVANT la véraison, qu’après. A cause de la précocité de la vague de chaleur, des brûlures entraînant la nécrose des tissus ont pu apparaître plus facilement sur certains organes, comme les baies qui sont moins aptes à subir des chaleurs extrêmes.

Le phénomène de cavitation de la vigne

le phénomène de cavitation

 

La plante est traversée par un flux d’eau qui va du sol vers l’atmosphère. L’eau absorbée par les racines est retenue par le sol, plus ou moins fortement, en fonction du déficit en eau du sol. L’eau transpirée par les feuilles est vaporisée dans l’air, plus ou moins fortement, en fonction du déficit en vapeur d’eau de l’atmosphère. Ainsi la colonne d’eau liquide qui traverse la plante des racines vers les feuilles  subit deux forces de sens opposés et qui la mettent en tension, un peu comme un jeu de corde.

Voici des données de VPD relevées pour un vignoble bordelais : on voit très bien le pic du 28 juin. Journée à risque pour la cavitation puisque l’atmosphère exerce une demande forte (seuil critique au dessus de 3,5 kPa).

une vague de chaleur intense et très précoce pour ce millésime 2019

 

Que nous indique l’analyse de la transpiration relevée par les Capteurs de flux de Sève pendant la vague de chaleur ?

La mesure de la transpiration par flux de sève est la mesure directe de la consommation hydrique de la plante. Dans certaines situations, les mesures effectuées par flux de sève ont néanmoins indiqué que la cavitation a pu être évitée ou minimisée grâce à l’augmentation de la transpiration.

  • Si on observe une augmentation de la transpiration pendant la vague de chaleur : cela est positif, car cela signifie que la plante a compensé la demande climatique en dépensant plus d’eau : la colonne d’eau fonctionne et traverse correctement la plante.
  • Si au contraire, on observe une diminution ou un maintien de la transpiration : le phénomène de cavitation est à craindre, et le comportement de ces plantes est à surveiller fortement pendant les prochains jours et le reste de la saison. En effet, des perturbations de la maturité pourraient avoir lieu si l’intégrité hydraulique de la plante est modifiée, même tôt dans la saison.

Afin d’éviter que la colonne d’eau ne se casse (cf schéma ci-dessus), la plante peut accélérer son débit d’eau vers l’atmosphère, c’est à dire sa transpiration. Cela implique que la quantité d’eau pouvant circuler dans la plante peut augmenter lorsque le niveau d’ensoleillement ou le VPD, contribuent à tirer plus d’eau vers l’atmosphère. Dans les situations où une augmentation de la transpiration est observée, les plantes ont mieux maintenu leur intégrité hydraulique. Ainsi, les différences de réponses des plantes dans ces conditions, permettent d’apprécier pour chacune, leur capacité à résister aux coups de chaleur.

Sur le graph ci-dessus, issu de 360viti, on constate que pendant la période de canicule les plantes ont bien augmenté leur transpiration PENDANT la vague de chaleur. C’est une bonne réaction de la vigne pour compenser la hausse de la demande climatique (les quantités d’eau transpirées ont quasiment doublé par rapport au début du mois de juin : on est passé de 2 mm/j en moyenne à plus de 4 mm/j). Les transpirations diminuent après, ce qui est normal car la demande climatique est redevenue “normale”.  Cependant, il ne faut pas que les transpirations baissent trop, sinon cela signifie que la plante ferme trop ses stomates et est affectée par un stress hydrique.

Quelles sont les conséquences de la cavitation et quels indices surveiller dans ce cas?

Après cavitation le Modèle “Potentiel Foliaire” perd de sa pertinence comme soutien au pilotage de l’irrigation. Car, un peu comme un fusible, la  cavitation amène la feuille à se déconnecter “du courant d’eau” qui la relie au reste de la plante. Cela permet de protéger le bon fonctionnement hydraulique du reste de la plante (ie. la  bonne circulation du courant d’eau au reste de la plante), mais dans les cas extrêmes, cela peut mener au fait que la feuille brûle. (ie. puisqu’elle transpire mal, la feuille se refroidit mal). La conséquence est que le potentiel foliaire ou le potentiel de tige -mesures a partir de la feuille- , ne peut plus être la mesure de référence pour arbitrer le besoin d’irrigation > Voir notre billet de blog dédié au potentiel foliaire ici.

Le VPD et l’ICH, les référentiels fiables pour la décision d’irrigation

Dans votre tableau de bord 360viti , vous pouvez donc analyser les réactions de la plante pendant l’épisode caniculaire grâce aux données de transpiration des capteurs de flux de sève.

A présent, il faut surveiller de près l’Indice de Confort Hydrique (ICH) pour prendre les décisions d’irrigation dans les zones concernées ou de réduction de surface foliaire transpirante (écimage par exemple), et le VPD pour anticiper toute nouvelle vague de chaleur.

 

état hydrique de la vigne et canicule

⚠️En pratique : que faire AVANT une prochaine vague de chaleur ?

 

Au vu des bénéfices attendus lorsque la plante est capable de maintenir son intégrité hydraulique, il est conseillé d’entrer dans la vague de chaleur avec un ICH élevé. Pour atteindre un ICH élevé plusieurs leviers sont possibles et il faut les discuter avec votre équipe technique et/ou votre conseiller.

  • Limiter les sorties d’eau  : enherbements, travail du sol, réduction de la surface foliaire transpirante. Il est aussi possible de réduire le VPD en augmentant l’humidité de l’air par différentes méthodes (brumisateurs, etc.). Dans le cas où l’ICH chute brutalement, des travaux de réduction de la surface foliaire transpirante peuvent être envisagés (rognage, écimage). 
  • Si l’irrigation est possible : dans le cas où l’ICH chute brutalement et atteint un seuil de stress hydrique sévère pour la production, une irrigation est à envisager.

Ces solutions sont à discuter avec votre équipe technique et/ou conseillers au même titre que le programme de protection phytosanitaire, car les risques de brûlures sur le feuillage sont accrus en réponse aux pulvérisations de soufre avant un coup de chaleur.

🚩Notre équipe reste bien sur à votre écoute pour vous aider à mettre en place les dispositifs de surveillance et de pilotage pour votre vignoble.

*Source thèse de Julie Gouot, 2019

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2 thoughts on “Avant et après la vague de chaleur, comment utiliser 360viti ?

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