C’est quoi un Géomaticien ? Rencontre avec « Monsieur Cartes » de Fruition Sciences.

Portaits
géomaticien

Le géomaticien c'est le "Monsieur Carte" : c'est lui qui peaufine les fonctionnalités de Maps dans 360viti.

À la croisée de la géographie et de l’informatique, le géomaticien joue un rôle clé dans les nombreux secteurs qui ont besoin d’analyse spatiale : agriculture, urbanisme, environnement, transport, énergie, marketing, santé…nous avons posé nos questions à Timothée COLAS, notre géomaticien préféré.

Timothée, un géomaticien, ça sert à quoi ?

 

Sur la base d’un territoire donné, ça sert à répondre à des questions très pratiques pour la société, les particuliers ou les entreprises : par exemple, localiser et suivre l’évolution d’espèces animales ou végétales, connaître à tout moment les caractéristiques de chaque tronçon d’un réseau de distribution de gaz pour intervenir en cas de souci, identifier les risques d’inondation dans des zones habitées, améliorer les services d’une agglomération (nouveaux réseaux électriques, rénovation, gestion d’espaces verts)… autant de problèmes qu’il est aujourd’hui facile de traiter grâce aux systèmes d’information géographique (SIG) et au géomaticien.

Je suis une sorte de géographe de la donnée : le géomaticien participe à la constitution et à l’exploitation de bases de données associant des cartes, des images aériennes et satellites, du texte et des statistiques… À partir de ces informations, il produit des cartes thématiques et des analyses spatiales. Le géomaticien, en organisant la donnée et son exploitation sur les cartes, conçoit de  véritables outils visuels d’aide à la décision. Les secteurs d’application sont très vastes : politique et sociétal pour prendre des décisions en urbanismes et en aménagement du territoire, dans des secteurs scientifiques comme la géologie, l’agronomie, la météorologie, l’océanologie. Et aussi pour gérer des questions dans le domaine des transports, des télécommunications…En fait, partout ou on isole des catégories d’informations réparties ou à répartir sur un territoire, dans le but de les analyser, de les comparer, d’en suivre l’évolution, l’impact,  de mettre en place des actions stratégiques, de faire des calculs, des mesures, des estimations et des projections… La géomatique est une science qui s’appuie sur différents domaines des maths appliquées.

Des exemples sont présents partout dans notre quotidien, lorsque par exemple vous utilisez une application de navigation sur votre smartphone. Waze et Google Maps en sont de bon représentants. Ces applications, proposent différents fonds de carte adaptés à votre activité (balade, trajet auto, trajet vélo…), permettent de calculer des trajets selon des critères (le plus court, le moins cher, passant par telle ville…), vous guident durant votre trajet d’une manière adapté à votre mode de déplacement, affichent l’état du trafic en temps réel, et bien d’autres services dont on ne pourrait plus se passer ! Ces applications sont des illustrations de l’utilisation conjointe de données géolocalisées, de calculs statistiques et d’imagerie : le travail méconnu des géomaticiens.

 

Quelles études faut il faire pour être Géomaticien ?

 

On peut suivre plusieurs voies ! Les diplômes peuvent être spécialisés en géomatique ou relever d’autres disciplines (géographie, aménagement du territoire, agronomie…) avec une spécialisation en géomatique. On peut accéder à ce métier selon plusieurs niveaux d’étude qui permettent d’accéder à plus ou moins de responsabilités :

  • BTS, DUT, Licence professionnelle
  • Masters
  • Diplôme d’ingénieur
  • Doctorat

En France, dans cet écosystème, c’est l’ENSG, Ecole Nationale des Sciences Géographiques qui est la plus connue et forme tout un panel de géomaticiens. Plusieurs Masters existant également à travers la France, spécialisés ou avec un spécialisation : le Master SIGMA à Toulouse, le Master GeoM à Montpellier, le Master Observation de la Terre et Géomatique à Strasbourg…

Pour ma part, j’ai suivi un cursus en environnement et écologie, avec une dernière année de Master spécialisées en Aménagement du Territoire et Télédétection à Toulouse.

 

En quoi consiste ton travail chez Fruition Sciences ?

 

Ma mission est de mettre à disposition de nos clients un outil cartographique professionnel qui permette d’exprimer les informations en provenance du vignoble sur les cartes parcellaires connectées de leur domaine. Je suis en charge de la pertinence de la restitution des données numérique et de leur agencement sur les cartes, et de la création des outils disponibles dans l’application Maps de 360viti. Je travaille bien sur beaucoup en collaboration avec les ingénieurs informatiques qui développent 360viti.

Je suis le garant de la lisibilité et de la clarté des cartes visibles sur 360viti. Je mets en place et je fait appliquer les sémiologies graphiques et cartographiques : choix des symboles, des couleurs, des fonds de carte, définition des seuils…

Je traite les données des fournisseurs tels que l’Avion Jaune, pour créer et mettre à disposition des outils pratiques à usage professionnel, comme des zonages de vigueur sur la base d’images aériennes NDVI. Pour cela, j’imagine des enchaînements de traitements géographiques et statistiques (un algorithme) et le code en langage informatique afin d’automatiser le traitement.

Pour nos clients, le but est de caractériser leur vignoble dans l’espace et le temps.

Par exemple 

  • pour révéler des disparités de vigueur dans les parcelles et permettre d’en analyser les causes puis engager des actions correctives ou sélectives
  • pour exprimer des données chiffrées compliquées de manière visuelle et géolocalisées (zonages) 
  • cela permet, dans 360viti, de faire des corrélations avec différents facteurs dont les données sont aussi intégrées dans la plateforme.
  • L’application Maps de 360viti permet aux professionnels de se diriger sur le terrain de manière plus efficace dans les zones repérées sur les cartes grâce à la géolocalisation.

Nos clients suivent par exemple l’état de la biomasse dans les parcelles, ou différents états de la plante (ceps manquants par exemple), l’évolution de la maturité des grappes de raisin, les spécificités de leurs sols…

L’objectif est d’offrir une traduction très visuelle à des données numériques scientifiques, pour que les clients gagnent du temps et travaillent plus précisément (organisation d’itinéraires de vendanges par exemple dans le cadre d’une sélection de qualité de fruits). Ils peuvent ainsi économiser des intrants, du temps humain et communiquer facilement entre eux grâce aux cartes; ils peuvent comparer des cartes d’un parcelle donnée pour 6 millésimes ! Ca aide à voir comment les parcelles réagissent aux travaux engagés et à corriger éventuellement les actions.

Au quotidien, j’ai des tâches très variées qui vont du simple choix des couleurs pour la représentation d’une carte à la conception d’algorithmes, en passant la gestion des données géographiques avec les partenaires de Fruition Sciences.

J’ai donc une activité très transversale. Je collabore au quotidien avec les ingénieurs agronomes pour imaginer des innovations et des améliorations à partir des retours utilisateurs. De la même manière, j’échange régulièrement avec les développeurs pour intégrer et mettre en forme des outils dont les professionnels de la vigne ont besoin,  dans l’application Maps de notre plateforme 360viti qui est un véritable carnet de santé de la vigne. En fait je suis un peu le radiologue du vignoble ! sauf que mes radios sont connectées et que chacun les analyse facilement.

géomaticien
En étroite collaboration avec les besoins du terrain et les développeurs, le géomaticien met au point les fonctionnalités cartographiques.

Comment identifies-tu les besoins pour les clients de Fruition Sciences ?

 

La connaissance du besoin client est vitale pour l’activité de Fruition Sciences et le développement de 360viti. Ce besoin est majoritairement mis en lumière lors des rencontres entre les exploitants viticoles et les responsables techniques et agronomes de Fruition Sciences. Ensuite nous organisons des réunions de travail avec ces derniers pour traduire ces besoins concrets et quotidiens en fonctionnalités techniques.

Le zonage NDVI en est un bon exemple. Il est issu de remarques de nos clients face au produit CartoCep (carte NDVI au pied). La vigueur au pied près est pour certains exploitants trop complexe pour faire de la modulation intra-parcellaire avec des machines ne pouvant gérer cette précision. C’est dans ce contexte que nous avons cherché à créer un produit du NDVI plus simple à utiliser. Nous avons donc mis au point le zonage, où chaque parcelle est découpée en carrés de 10m de côté dans le sens des rangs avec dans chaque carré la moyenne du NDVI. Avec ces grosse zones, il est plus simple pour les tractoristes de moduler leurs actions au vignoble.

 

Quelle est la différence avec les développeurs informatique ?

 

Le développeur informatique est le spécialiste des langages informatiques. Chez Fruition Sciences, ils conçoivent, améliorent et maintiennent, la structure, l’infrastructure, l’accès aux données, et les applications.

Le géomaticien, lui, travaille sur les produits cartographiques. Il analyse le besoin clients avec les responsables techniques, imagine les produits, met au point et code l’algorithme pour générer le produit.

Le lien fort qui existe entre le développeur et le géomaticien opère lors de l’intégration de l’algorithme dans l’application. C’est à ce moment que géomaticien et développeur travaillent de concert pour que la génération, la visualisation et l’utilisation du produit soit rapide, simple et efficace.

Est-ce que ton métier est une passion ?

 

Ma passion, c’est la photographie. J’aime beaucoup tout ce qui relève du visuel et plus largement du sensoriel. C’est mon côté créatif. D’un autre côté, j’aime la sciences et résoudre des problématiques, j’ai été élevé avec “C’est pas sorcier”, c’est mon côté cartésien.

En ça, le métier de géomaticien est une bonne mosaïque où ces points viennent converger. Mettre au point un nouveau produit cartographique est sans doute l’activité qui les regroupe tous. Partir d’une idée “Si on essayait de proposer aux utilisateurs de visualiser cette donnée”, trouver une forme facilement intelligible et attractive (“Le cerveau humain est capable de traiter une image 60 000 fois plus vite qu’un texte”), mettre au point l’algorithme et le coder “Quel enchaînement de traitements va permettre d’arriver au résultat escompté ?”, intégrer la fonctionnalité à l’application “Il faut que le processus soit rapide, simple et clair pour l’utilisateur”.

Si mon métier de géomaticien n’est pas une passion, il est l’association d’activités qui me donnent envie me lever le matin.

 

Lexique:

Sémiologie graphique : c’est la science de la représentation graphique des données. La sémiologie graphique est l’ensemble des techniques et méthodes visant à adapter un mode de représentation graphique à l’information représentée en fonction de codes (perceptifs, esthétiques) et de conventions (habitudes culturelles, symbolique du signe).

Follow us on social networks :
Facebooktwitterlinkedinyoutube

Share this post :
Facebooktwitterlinkedinmail

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *