Révéler et exprimer le potentiel de chaque terroir grâce au NDVI

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De nombreux travaux menés dans les années 2000 sur des vignobles irrigués du nouveau monde ont démontré que le vignoble et plus précisément les parcelles, présentent une grande variabilité spatiale pour de nombreux facteurs comme le rendement et certains composants de la qualité des baies (Ortega et al. 2003 ; Bramley and Hamilton, 2004 ; Taylor et al. 2005). La qualité de la vendange et le rendement connaissent également de fortes variations d’un millésime à l’autre, d’une parcelle à l’autre et même d’un pied de vigne à l’autre. Cette variabilité est d’autant plus marquée dans les vignobles non irrigués où la contrainte hydrique est particulièrement importante (Ojeda et al. 2005).

Vignoble Andalou vu du ciel (source)
La cartographie NDVI du vignoble permet de révéler des hétérogénéités de vigueur de la vigne à l’échelle du vignoble mais également de la parcelle et du pied de vigne. Kazmierski et al (2011) ont mené une étude sur la stabilité temporelle de cet indice. Ce projet a permis de mettre en évidence une stabilité des structures spatiales aussi bien à l’échelle d’un ou plusieurs millésimes. Toutefois, cette stabilité a tendance à se dégrader au cours du temps due aux opérations en verts et aux modifications des pratiques culturales. L’utilisation du NDVI démontre ainsi que certaines parcelles comportent des motifs spatiaux stables d’un millésime à l’autre (Bramley, 2005 ; Tisseyre et al. 2008). Ce caractère stable peut s’expliquer par le caractère pérenne de la vigne et la stabilité des caractéristiques pédologiques. Il a surtout été mis en évidence pour les paramètres quantitatifs tels que la vigueur et le rendement (Tisseyre et al. 2008).

Hétérogénéité spatiale d’une parcelle de vigne en Gironde (carte NDVI Avion Jaune / Fruition Sciences)
Cette hétérogénéité est donc indispensable à prendre en compte par le vigneron lors de l’échantillonnage de son vignoble s’il veut être représentatif de sa parcelle et plus largement de son vignoble. Il peut ainsi mettre en place une stratégie d’échantillonnage en s’appuyant sur la structure spatiale de son vignoble révélée par la carte NDVI. Le but est de réussir à découper ses parcelles en zones les plus homogènes possible et ainsi supprimer toutes erreurs d’analyses liées à la variabilité spatiale. Par exemple, ce découpage est très utile avant vendange pour analyser la maturité des parcelles lors de la dégustation des baies et ainsi améliorer sa date de récolte et faire de la sélection intra-parcellaire. Cet échantillonnage permet ainsi d’extraire des données qui révèlent directement le lien entre le climat, le sol et la plante et donc d’exprimer le potentiel unique de chaque terroir.
Aurelien Berthou

Je suis diplômé de Montpellier SupAgro en tant qu’ingénieur agronome spécialisé en viticulture et en œnologie depuis 2014. Au cours de ma formation, j’ai vécu des expériences variées dans le domaine de la production et de la recherche aussi bien en France qu’à l’étranger (Argentine, Nouvelle-Zélande). Employé depuis Janvier 2015 suite à mon stage de fin d’études chez Fruition Sciences, mon rôle est de développer la société au niveau commercial et technique dans la région de Bordeaux. Je travaille en particulier sur les problématiques d’échantillonnage du vignoble et la cartographie de différents paramètres physiologiques à travers l’outil d’aide à la décision « Smart Point ».

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