Bordeaux : Un hiver marqué par le froid et le manque d’eau

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Après un millésime 2016 qualitatif sur l’ensemble de la région malgré l’absence de stress hydrique avant la véraison, l’hiver 2016-2017 est marqué par un déficit d’eau à l’échelle nationale dont Bordeaux fait partie. Effectivement, le cumul des précipitations entre le 1er novembre et le 31 mars est inférieur de 40% aux moyennes saisonnières avec jusqu’à 300 mm de moins qu’en 2016 sur certaines appellations. A l’échelle de la Gironde c’est l’hiver le plus sec depuis 1992 (Météo France) avec au total 330mm accumulés en moyenne. Heureusement les précipitations du mois de mars auront permis aux réserves utiles de se remplir et ainsi offrir une quantité d’eau suffisante pour la croissance printanière de la vigne.

Source Pessac-Léognan

Côté température, on note des températures minimales négatives à de nombreuses reprises sur la même période, une trentaine en moyenne. La moyenne des température entre le 1er novembre et le 31 mars de 8°C est comparable ou légèrement inférieures aux moyennes des dix derniers millésimes (Fruition Sciences). Ces températures hivernales négatives sont positives pour plusieurs raisons. D’un point de vue pathologique le froid permet de limiter la propagation des maladies. Les gelées sont également intéressantes pour aérer et décompacter les sols. Ensuite, au niveau physiologique la descente de sève est importante pour la pérennité de la vigne et pour sa résistance au froid (-15°C).
En revanche, à l’échelle nationale, le mois de mars 2017 est le plus doux observé depuis 1900 et la Gironde ne fait pas exception avec 2,3°C de plus que la moyenne mensuelle. On note alors un temps thermique en base 10 calculé entre le 1er et le 31 mars supérieur de 20 degrés jour à la moyenne des dix derniers millésimes ce qui explique l’avance d’une semaine à dix jours par rapport à l’année dernière.

Grappes visibles
L’hiver 2017 ayant été plus sec et plus froid que l’hiver 2016, il est important de se poser la question de la disponibilité en azote minérale. Effectivement, nous pouvons suspecter une moins bonne minéralisation de l’azote par les bactéries durant l’hiver 2016-2017 que 2015-2016. Les températures douces et les pluies du mois de mars ont réactivé la minéralisation mais maintenant le manque d’eau dans les horizons superficielles va largement ralentir l’assimilation par les racines. Ceci étant dit, il va être très intéressant de suivre les dynamiques de croissance durant le printemps 2017 en les comparant à 2016. En effet, la vitesse de développement foliaire va impacter les rendements de l’année 2017 mais aussi 2018 (Keller 2015, Guilpart 2014) et va déterminer les besoins en eau de la vigne pendant la période estivale via sa superficie foliaire totale.
Nous ne pouvons conclure cet article sans mentionner la vague de gel qui a frappé la France entière ces deux dernières semaines et qui n’a malheureusement pas épargné la Gironde. Nous souhaitons beaucoup de courage à tous les vignerons touchés. Dans deux articles qui sortiront très prochainement nous essaierons de comprendre l’impact du gel sur la physiologie de la vigne en termes de réserves et de rendements et réfléchir sur les réponses techniques à apporter.
Aurelien Berthou

Je suis diplômé de Montpellier SupAgro en tant qu’ingénieur agronome spécialisé en viticulture et en œnologie depuis 2014. Au cours de ma formation, j’ai vécu des expériences variées dans le domaine de la production et de la recherche aussi bien en France qu’à l’étranger (Argentine, Nouvelle-Zélande). Employé depuis Janvier 2015 suite à mon stage de fin d’études chez Fruition Sciences, mon rôle est de développer la société au niveau commercial et technique dans la région de Bordeaux. Je travaille en particulier sur les problématiques d’échantillonnage du vignoble et la cartographie de différents paramètres physiologiques à travers l’outil d’aide à la décision « Smart Point ».

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