Economiser de l’eau tout en augmentant qualité et rendement ? C’est possible !

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Grâce à une subvention de l’agence de l’eau en Californie, Fruition Sciences a mis en place en 2014 une expérience sur l’irrigation avec l’aide de 6 caves indépendantes, sous des climats californiens contrastés. Le but était d’évaluer la quantité d’eau (apportée par l’irrigation) pouvant être économisée en utilisant le système Fruition tout en mesurant l’effet de ce changement sur le rendement et la maturation et en le comparant aux pratiques traditionnelles d’irrigation.
Positionnement des 6 vignobles en Californie

L’expérience a consisté à comparer la stratégie d’irrigation basée sur la mesure du déficit hydrique (grâce à des capteurs de flux de sève) avec l’irrigation traditionnelle. Dans le traitement basé sur la mesure du flux de sève, l’irrigation a été déclenchée à chaque fois que l’indice de déficit hydrique de la vigne a chuté en dessous d’un certain seuil. Dans le traitement traditionnel, l’irrigation a été appliquée sur la base d’observations visuelles, de connaissances empiriques de la parcelle et des mesures de potentiel hydrique foliaire. Des photos aériennes, obtenues en mai, ont été utilisées pour sélectionner les zones viticoles homogènes. Chaque parcelle a été divisée en deux zones homogènes où l’indice de déficit hydrique a été mesuré en continu. La maturation des raisins a été échantillonnée tous les 7 à 10 jours pour garder la trace du chargement en sucre et de la croissance des baies.

Moins de 5 irrigations sur toutes les parcelles au cours d’une année de sécheresse

Comme l’indice de déficit hydrique était en permanence disponible sur le web, l’irrigation basée sur le flux de sève a donné lieu à moins de 5 irrigations sur tous les sites, contre 6 à 30 pour le traitement traditionnel. En conséquence, les économies d’eau à l’aide des capteurs de flux de sève ont été spectaculaires avec en moyenne 65% moins d’eau appliquée. En outre, contrairement aux idées reçues, les économies d’eau n’ont pas eu d’incidence négative sur le rendement et aucune différence n’a été observée entre les traitements (NB : le rendement variait de 35 à 70 hL/ha sur les parcelles suivies). En fait, la déshydratation a parfois été observée alors que il a été appliqué plus d’irrigations en début de saison. Ainsi, le rendement est plus faible dans le traitement traditionnel pour 3 parcelles. Il y avait aussi peu de différences dans les chargements en sucre des traitements. Globalement, la qualité des fruits a été préférée sur les parcelles suivies avec l’indice de déficit hydrique, ce qui est un avantage direct d’imposer un déficit hydrique modéré avant la véraison.

Conclusions

Beaucoup d’eau peut être économisée en Californie en retardant simplement les irrigations en particulier avant la véraison. Le déclenchement des irrigations selon l’indice de déficit hydrique ne compromet pas la production viticole. Au contraire, il améliore la qualité des fruits en améliorant la couleur et les arômes. Il pousse également le système racinaire à croître en profondeur et contribue à établir un vignoble dans la durée. Dans certaines situations, l’application de moins d’eau permet de rendre les baies moins sensibles au dessèchement avant la vendange surtout lors de vagues de chaleur.
Sebastien Payen

Sébastien, ingénieur polytechnicien, est titulaire d’un Ph.D. en ingénierie mécanique de l’Université de Californie à Berkeley et d’un certificat en gestion des technologies de Haas Business School. Sa thèse de doctorat porte sur l’élaboration de capteurs micro-technologiques grâce à l’utilisation de polymères. Dans le cadre de son travail, il a conçu de nouveaux micro-biocapteurs qui détectent les changements de pH en utilisant des matières plastiques et polymères, ce qui a entraîné un brevet aux États-Unis et au niveau international. En plus de son doctorat, Sébastien fut boursier du programme d’entrepreneuriat « Mayfield Fellow » en 2006. Avant de venir à UC Berkeley, Sébastien a servi un an dans la marine française comme officier de pont sur un chasseur de mines. Il a également travaillé comme scientifique et ingénieur dans une petite start-up de biotechnologie dans la Silicon Valley entre Juin 2003 et Mai 2004. Sébastien a obtenu son master en sciences du département de génie mécanique à l’Université de Berkeley en Mai 2003.

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