Un printemps chaud à Bordeaux annonciateur d’un grand millésime ?

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Cette année, le mois de mars a été relativement frais avec une température moyenne de 9,5°C et seulement deux journées enregistrant des températures supérieures à 18°C. Cela a eu pour conséquence de retarder le débourrement qui s’est déroulé début avril, soit une dizaine de jours plus tard qu’en 2014. Malgré ce débourrement tardif, l’année 2015 s’annonce aujourd’hui comme un millésime précoce d’un point de vue phénologique. La courbe d’accumulation des degrés jours est maintenant au-dessus de 2014 mais reste inférieure à 2011.
Les précipitations hivernales se situent dans la moyenne des cinq derniers millésimes. Elles sont plus faibles sur la rive droite que sur la rive gauche. Dans tous les cas, ces pluies ont permis de maintenir une réserve en eau non limitante pour la croissance de la vigne au printemps. Lors de cet hiver nous avons également constaté des gelées bien plus fréquentes que l’hiver dernier avec 34 jours de gel contre seulement 13 jours.
Du fait d’un printemps chaud et d’un sol non limitant en eau, la minéralisation a été active et on peut supposer une bonne disponibilité en éléments nutritifs assimilables. Ainsi les vitesses d’élongations des rameaux primaires en 2015 sont importantes et globalement supérieures à l’année dernière dans le bordelais. D’après un papier très récent d’un chercheur américain (Keller, 2015), le taux de croissance des rameaux primaires est fortement corrélé avec le nombre de baies par grappe, le poids des baies et donc finalement le potentiel de rendement. Ce document laisse donc envisager des rendements supérieurs à 2014.
Le vignoble bordelais a connu une période sèche entre le 20 mai et le 10 juin : des températures importantes ont été enregistrées, particulièrement le jeudi 4 juin. Ces conditions exceptionnelles ont permis à la floraison et à la nouaison de se dérouler très rapidement et correctement. Grâce aux fortes pluies du 10 au 12 juin, aucun stress hydrique précoce n’est pour l’instant à craindre.
Grappe de Cabernet Sauvignon en pleine nouaison (semaine du 15 juin 2015)

Aujourd’hui, nous pouvons donc nous attendre à une année au rendement élevé si aucun accident climatique ou sanitaire ne frappe le vignoble. Cependant, certaines parcelles de Merlot, notamment dans le Libournais, ont déjà été fortement touchées par le Mildiou tout début mai, diminuant leur potentiel de récolte. On peut aussi noter une forte présence de Black Rot sur les feuilles de Merlot.

Sebastien Payen

Sébastien, ingénieur polytechnicien, est titulaire d’un Ph.D. en ingénierie mécanique de l’Université de Californie à Berkeley et d’un certificat en gestion des technologies de Haas Business School. Sa thèse de doctorat porte sur l’élaboration de capteurs micro-technologiques grâce à l’utilisation de polymères. Dans le cadre de son travail, il a conçu de nouveaux micro-biocapteurs qui détectent les changements de pH en utilisant des matières plastiques et polymères, ce qui a entraîné un brevet aux États-Unis et au niveau international. En plus de son doctorat, Sébastien fut boursier du programme d’entrepreneuriat « Mayfield Fellow » en 2006. Avant de venir à UC Berkeley, Sébastien a servi un an dans la marine française comme officier de pont sur un chasseur de mines. Il a également travaillé comme scientifique et ingénieur dans une petite start-up de biotechnologie dans la Silicon Valley entre Juin 2003 et Mai 2004. Sébastien a obtenu son master en sciences du département de génie mécanique à l’Université de Berkeley en Mai 2003.

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